Islande

Islande

exposition du 7 septembre au 12 octobre 2019

Mireille Favergeon, céramiste

Sophie Hatier, photographe

“L’origine du monde” : l’on pourrait donner ce titre à l’ensemble des photos exposées ici.

Roches éruptives, magma, glaciers, cours d’eau, laves, boues, jaillissements : là-bas sur une île, en Islande, Sophie Hatier a photographié la formation de la terre. Dans une solitude radicale, seule jour et nuit au milieu des éléments, au prix d’une immersion totale, elle a saisi dans son objectif cette peinture primitive en transformation depuis la nuit des temps. (…)

La matière sensuelle, presque charnelle, est si présente que parfois on pourrait croire que l’artiste a peint au couteau, avec une huile épaisse, les paysages qui s’offraient à ses yeux. On songe alors aux toiles abstraites de Riopelle ou à la pâte de Fautrier. La confusion troublante entre photographie et peinture se donne aussi à voir lorsque vapeurs évanescentes et fumeroles enrobant les ravines semblent exécutées au pastel blanc.

Des visages, à la peau diaphane, laiteuse – visages intemporels – ponctuent harmonieusement et adoucissent la rudesse de ces paysages originels, devenant paysages eux-mêmes. Á la nudité âpre de la montagne répond la nudité de la figure. (…)

L’artiste, dans la fulgurance de son regard, s’est emparée de cette beauté première, source de vie. Une beauté qui irradie toutes les photos présentées à l’exposition.

L’eau peuple les rêves de Mireille Favergeon, l’eau qui, mélangée à la terre avide, lui permet de faire surgir des formes nouvelles issues de son imaginaire. Á la terre et à l’eau elle ajoute ensuite le feu, autre éléments primordial, dont le maniement est d’une infinie complexité. Peut-être est-ce jeu avec les éléments qui a poussé la céramiste, découvrant les photos islandaises de Sophie Hatier, à se lancer dans une entreprise créatrice inédite, en écho avec les jaillissements telluriques, les moraines brunes et ocres, les torrents émeuraude habitant les œuvres de la photographe. Comme cette dernière, elle a eu le courage de se confronter alors aux origines, origines de la nature, origines de l’art. (…)

Certaines coulures de l’émail rejoignent les formes abstraites révélées par Sophie Hatier. Sur l’une de ces photos la montagne pleure des larmes noires qui semblent couler dans l’eau d’un vert jade qui émaille une vague en céramique.

Maîtresse de l’art du céladon, art ancestral, la sculptrice a comme tranché dans la banquise des blocs de glace vert-de-gris. Jouant sur la subtilité des nuances infinies du céladon, allant du vert tendre à l’émeraude au turquoise ou à l’algue marine, elle évoque dans ses sculptures les eaux primitives, flots marins, glaciers ou torrents marquant de leur empreinte la terre islandaise.

Par cette transformation démiurge de la terre, alliée à l’eau et au feu, dans une déclinaison sans fin, Mireille Favergeon parvient à révéler la beauté intime de ce matériau, son attrait caché, concentré à l’intérieur.

Danielle Rousselier

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