Manouche par son père et alsacien d’origine, Dany Jung grandit sur une terre-carrefour où les influences gitanes, juives, italiennes du nord et des pays de l’est trouvent asile et apportent avec elles un des arts le plus immédiat, celui de la vaisselle.
Devenu collectionneur d’art populaire, Jung cherche, trouve, amasse, restaure et rencontre la poterie Friedmann à Soufflenheim qui l’adopte. Il devient potier de terre vernissée.
Installé dans la Drôme à partir des années quatre-vingt, Dany Jung posera une tuile faîtière sur le toit de sa maison et progressivement s’orientera vers la sculpture : à partir d’éléments tournés puis assemblés naissent des personnages, des animaux dont certains portent une partie de glaçures (selle de cheval). L’essentiel des volumes est ensuite patiné aux ocres et à la cire.
Leur caractéristique, à tous, est l’équilibre-déséquilibre qui fait qu’on retient son souffle : cheval en arrêt au bord d’un précipice, personnage perché sur un pied en haut d’une colonne, prêt à tomber, dialogue entre homme et oiseau.
L’artiste a la passion du défi, une technique extrêmement sûre, et surtout le goût de la légèreté, du rêve, d’un monde tel qu’il devrait être, habité de personnages énormes et légers, d’animaux délivrés de toute pesanteur où le vivant se déploie puisqu’incarné dans ce mouvement « immobile ».
Dany Jung ou l’art d’échapper à la pesanteur.
Christine Macé